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La gestion du risque climatique, un marché en friche.

PARIS, 16 jan 2010 (AFP)

Soldes gachées par le mauvais temps, saison touristique ruinée par la pluie : pour parer aux aléas climatiques, un marché se développe autour de la météo-sensibilité, proposant aux entreprises des études personnalisées voire des produits financiers de couverture.

 

Principale entreprise de ce secteur émergeant, METNEXT est une filiale de Météo France, la Caisse des Dépôts et Nyse Euronext créée en 2007. Elle fournit aux entreprises des études évaluant et anticipant leur besoin de production, en fonction des conditions météorologiques, de leur implantation géographique etc.

 

"On étudie l'influence de la météo pour créer une modélisation du comportement de l'entreprise ou de ses clients" en se fondant par exemple sur les pics de production en fonction de la météo sur les dernières trois années, explique Frédéric Bardoux, président de METNEXT.

 

Une analyse qui peut tout autant s'appliquer aux producteurs de crème solaire, à des parcs de loisirs ou à des fournisseurs d'énergie.

 

Car, selon une étude du cabinet de conseil Mazars réalisée en 2008, 80% des entreprises sont affectées financièrement par les aléas climatiques, dans des secteurs extrêmement variés. Ainsi, pendant la semaine du 4 janvier marquée par une vague de froid, les ventes de sel en supermarchés ont grimpé de 32% en France selon une étude de la société de gestion climatique, Climpact, lancée en 2003.

 

Si l'impact de la météo est donc bien réel, encore beaucoup d'entreprises rechignent à prendre en compte cette composante dans leurs résultats financiers, contrairement au risque de taux de change par exemple.

 

"Seulement 15 à 20% d'entre elles communiquent actuellement sur le risque météo dans leur bilan financier, confime M. Bardoux.

 

Mais certaines entreprises vont d'ores et déjà plus loin: en plus d'adapter leur offre selon la météo, elles se couvrent contre les aléas climatiques avec des produits financiers qui s'échangent en Bourse, les "dérivés climatiques".

 

Ainsi, une entreprise fortement consommatrice en énergie va pouvoir acheter des contrats lui assurant une température donnée, pour se couvrir en cas de baisse des températures et de pics de gaz et d'électricité.

 

Encore peu répandus en Europe, les dérivés climatiques existent depuis une dizaine d'années aux Etats-Unis et sont cotés à la Bourse de Chicago. Mais la donne pourrait bientôt changer, puisque Mextnext vient de créer trois indices liés aux températures en Europe et se dit à la recherche d'un partenaire boursier.


16/01/2010
AFP